Paris loin des yeux…

Il ne faut pas trop en rajouter en ce moment. Mais la crise que nous vivons ne va-t-elle pas entrainer une crise urbaine ? Les statistiques sont un peu floues, mais elles indiquent que près de 300 00 parisiens ont quitté précipitamment la capitale, juste avant le confinement. Les statistiques précises manquent pour l’après confinement mais il est certain qu’au moins la moitié des partants déménagera. Ils ne faisaient évidemment pas leurs valises pour quitter définitivement la ville. C’était Paris loin des yeux. Par contre, depuis une dizaine d’années  les déménagements se sont multipliés. Il serait inapproprié de mélanger ces chiffres, mais ne racontent-ils pas, à leur manière, les mêmes choses ?

 Tout d’abord, que les densités d’habitat et d’emplois cumulés deviennent pour certains des pièges. En particulier pour les familles modestes et les jeunes, confrontés à la bulle immobilière insensée qui sévit dans la capitale. Cela ne concerne pas uniquement Paris, mais cela interroge le processus de métropolisation en marche sur toutes les grandes villes. La Métropole du Grand Paris est censée apporter une réponse à cette question, à condition que la banlieue accepte cette redistribution des forces vives. Ce n’est pas gagné.Pour le moment les chantiers ne proposent que de créer des nouvelles densités. Serait-ce une mauvaise réponse à une bonne question ?

En second lieu, il s’agirait aussi d’une question de qualité du cadre de vie. Sur ce point, on ne peut que rapprocher la pandémie actuelle avec la crise climatique. Celle-ci doit aussi être combattue sous  l’angle de la santé, pas seulement du bien-être. Les mesures de prévention s’inscrivent dans une logique globale de rééquilibrage écologique du cadre de vie, qui doit faire l’objet d’une sérieuse réflexion. Tout le monde s’interroge sur l’après-crise. Beaucoup de questions vont émerger, celle de la qualité de l’environnement urbain reste l’une des plus concrètes.

Paris, loin du cœur ? Ceux qui ont fui la capitale l’ont sans doute fait par opportunisme ou par dépit. On interprétera ce message comme on voudra, mais il ne faudra pas l’oublier.

Emmanuel Leguy

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