Réinventer Paris avenue d’Italie : un projet innovant

Le projet atelier d’architecture autogérée est dénommé Wiki Village Factory (WVF)

Le projet de l’atelier d’architecture autogérée est dénommé Wiki Village Factory (WVF)

La Ville de Paris a présélectionné trois projets pour chacun des 25 sites de l’opération Réinventer Paris. Rappelons qu’il s’agit de réaliser, sans dépense publique, des programmes « innovants » sur des terrains appartenant à la collectivité. Un jury international départagera prochainement les candidats encore en lice.

Compte tenu des conditions du concours, peu d’informations circulent. Mais Ada 13 a pu rencontrer le cabinet aaa (atelier d’architecture autogérée) qui a déposé une proposition pour l’avenue d’Italie, sur l’espace compris entre l’avenue et le centre commercial.

L’aaa se veut être une plate-forme collective d’exploration, d’action et de recherche autour des mutations urbaines et des pratiques culturelles, sociales et politiques émergentes de la ville contemporaine. Elle souhaite favoriser la participation des habitants à l’autogestion des espaces urbains délaissés, et contourner les stéréotypes par des projets réversibles.

Le projet de l’atelier d’architecture autogérée est dénommé Wiki Village Factory (WVF). Il est proposé en partenariat avec REI France, la Nef, étic, le groupe SOS, enercoop, biocoop, terre de liens, Jardins de Cocagne, Habitats Solidaires, le 6b, étamine, Oregon, Écodesign Fab Lab, Macogep, Canada et Massachusetts Institute of Technology (MIT), États-Unis. Il s’agit de réunir des organismes d’innovation sociale dans un bâtiment participatif et autogéré.

Les activités proposées sont l’agriculture urbaine, l’apiculture, le recyclage et la réparation (notamment avec des imprimantes 3D), les circuits courts, l’entreprenariat social, une crèche, des restaurants (où seraient proposés les produits cultivés sur place) etc. Chaque programme disposerait d’un accès en rez de chaussée.

Les bâtiments comporteraient quatre étages dans la partie Nord mais seulement deux dans la partie Sud afin de ne pas gêner les habitants de la tour Béryl. Un passage piéton serait réservé entre WVF et l’ensemble Galaxie.

Ada 13 est séduite par ce projet réellement innovant et qui associe des partenaires attachants. Cela nous paraît aller dans la direction de la ville que nous souhaitons pour demain.

Projet-AAA-WVF

Le nouveau stade olympique de Tokyo,
« un éléphant blanc » japonais

Lorsque l’architecte irako-britannique Zaha Hadid remporta le concours international pour un nouveau stade olympique de 80.000 places pour les JO de Tokyo de 2020, rien ne présageait que les choses prendraient une telle tournure. Et pour cause, son projet semblait le mieux correspondre aux nouvelles attentes du cahier des charges du CIO pour le stade : une capacité de 80.000 spectateurs, un toit rétractable, mais surtout un stade avec une excellente performance environnementale, réutilisable, et qui s’intègre dans le contexte urbain.

Mais dés la fin 2012, après avoir été accepté, le projet a du faire face à de vives critiques d’architectes (qualifiant le stade de « monstruosité de 80.000 places »), de l’opinion publique et des politiques, à propos de son esthétique et de son coût. Ce mouvement d’opinion pris ayant de plus en plus d’ampleur, le premier ministre Shinzo Abe a ordonné le 17 juillet 2015 l’abandon du projet et a lancé un nouvel appel d’offres.

Les raisons de la contestation du projet,
et de sa remise en cause

Le premier problème qui est apparu assez rapidement est celui du prix. Alors qu’en 2012 le stade devait coûter 946 millions d’euros, le Conseil japonais des sports (JSC) a révélé le 7 juillet 2015 que le stade devrait coûter 1,9 milliard d’euros, bien plus que n’importe quel stade olympique. Ce prix a été justifié par le dirigeant du JSC, Musao Yamazaki, par le fait que seules quelques entreprises peuvent le réaliser. Le cabinet de Zaha Hadid rétorque que cette augmentation ne peut pas découler du design car les matériaux et les techniques utilisés sont connus.

Le coût annoncé, ainsi que l’opacité entourant le projet, ont déplu aux Tokyoïtes, qui y ont vu un nouvel exemple d’échange secret entre politiciens, bureaucrates et businessmans. Ils leur reprochent d’utiliser des moyens très importants pour le stade, alors que les zones détruites par le séisme et le tsunami de mars 2011 doivent encore être reconstruites. De plus, le gouverneur de Tokyo, Yoichi Masuzoe, n’a pas voulu contribuer au financement du stade (à hauteur de 371 millions d’euros) comme l’avait exigé le gouvernement national.

Enfin, les raisons de la contestation sont d’ordre esthétique et urbanistique. En effet, alors que le projet a été sélectionné par un jury présidé par l’architecte Tadao Ando, un collectif de plusieurs architectes, les « Gardiens du Stade national » s’est formé en 2014 pour protester contre « la monstruosité de 80.000 places ». Le qualifiant « de casque de vélo », moquant sa forme sur Internet en parodiant le stade en WC ou en grille-pain. Si les raisons esthétiques et urbanistiques ont largement été utilisées, le fait que l’architecte du stade ne soit pas japonais a aussi bien sûr déplu aux Gardiens du Stade national.

De plus, la destruction du stade national pour construire le stade olympique, son impact environnemental sur le quartier vert des jardins extérieurs du sanctuaire Meiji, ont fortement déplu aux architectes. Et les tokyoïtes, qui utilisent ces espaces comme lieu de promenade sont également montés au créneau. Finalement, l’impact environnemental a été jugé préoccupant à un moment où Tokyo souhaite organiser des JO verts, en contradiction avec les faibles mesures prises par le Japon pour la COP-21.

Et maintenant ?

Des sportifs médaillés comme Yuko Arimori ont critiqué le projet, des manifestations ont été organisées, et même si les partisans du projet continuent à le défendre, que va-t-il se passer ? Le cabinet de Zaha Hadid a fait connaître son agacement et sa profonde déception, mais n’a pas décidé pour le moment d’engager une procédure. Un nouvel appel d’offres a donc été lancé, comme l’a annoncé le ministre des sports Hakubun Shimomura, avec pour objectif de choisir un nouveau projet en janvier 2016, parmi les architectes japonais, et de terminer ce nouveau stade d’ici au printemps 2020.

Malheureusement, cette échéance implique que le Japon ne pourra finalement pas accueillir la coupe du monde de rugby de 2019, et la fédération de rugby a exprimé « sa profonde déception » en attendant des précisions.

Si, comme le rappelle un éditorial du 18 juillet dans le journal de centre gauche Asahi, « la pagaille autour du stade révèle la réalité de la politique japonaise : les gens au pouvoir agissent pour eux en usant de leur influence », ce stade olympique est un autre exemple « d’éléphant blanc ». Ces projets controversés pour des raisons plus ou moins claires, le plus souvent financières, comme le Centre des Congrès de Lyon ou l’EPR de Flamanville. Cependant, si la tendance aux « éléphants blancs » semble à la baisse en France, cet exemple japonais doit rappeler que nous ne sommes pas à l’abri d’un tel imbroglio.

Forestier Arnaud.
Étudiant à l’Institut français de géopolitique

Le Corbusier dans le 13ᵉ arrondissement
La péniche Louise-Catherine (1929-1930)

La péniche Louise-Catherine (1929-1930) - Photographie : J.-F. E.

La péniche Louise-Catherine (1929-1930) – Photographie : J.-F. E.

♠ La péniche a été construite en 1919 pour alimenter Paris en charbon à partir de Rouen. Elle est alors appelée « Liège ». Elle est construite en béton en raison de la pénurie d’acier dans cette période, est longue de 70 m et large de 8 m, et elle pèse 700 tonnes.

♠ Désaffectée après guerre, la péniche est alors transformée en asile flottant, après avoir été rachetée en 1929 par l’Armée du Salut. Elle est baptisée « Louise-Catherine » du nom de Louise-Catherine Breslau, peintre et amie de Madeleine Zillhardt qui a financé le projet et de la princesse Singer de Polignac, mécène de l’Armée du Salut qui impose Le Corbusier, déjà engagé dans le projet de la Cité de refuge. Celui-ci, amateur de cargos, y aménage trois « nefs » où sont installés des dortoirs de 64 places chacun avec autant de casiers de rangement, un réfectoire de 36 places, une cuisine, des sanitaires, deux appartements pour le directeur et pour le marinier, un jardin suspendu. La surélévation du pont permet d’éclairer et de ventiler le corps du navire où sont installés à chaque extrémité les deux dortoirs, séparés par un bloc de service. L’architecte crée des soupentes pour casser les volumes, et il érige 36 poteaux en ciment armé qui portent le toit-terrasse et libèrent les façades de leur fonction porteuses selon un qui principe sera repris dans la maison « Dom-Ino ». Cet aménagement est en effet l’occasion d’expérimenter des théories de Le Corbusier qui seront développées par la suite. On peut noter aussi que les mesures de la péniche sont calées sur le futur Modulor qui servira à déterminer la structure et la taille des unités d’habitation.
La péniche doit accueillir des personnes en difficulté et servir l’été de colonie de vacances. La Louise-Catherine, inaugurée le 1er janvier 1930, connaît plusieurs emplacements sur la Seine : au Pont des Arts, à Saint-Germain-en-Laye puis au Pont d’Austerlitz. Elle est utilisée jusqu’en 1994 où elle est fermée pour des raisons de sécurité, la coque prenant l’eau.

♠ Après quelques années d’incertitudes, la péniche fortement délabrée est finalement revendue par l’Armée du Salut en 2006. L’association Louise-Catherine veut en faire un centre dédié à l’architecture. La restauration en a été confiée à l’agence Acyc. L’objectif de l’association Louise-Catherine, créée pour l’occasion, est de préserver et de faire revivre cette œuvre, emblématique de la modernité du 20e siècle et de « l’Esprit nouveau » et de rendre visible et lisible la péniche depuis les quais, le pont d’Austerlitz, les bateaux-mouches et le métro aérien. La restauration consiste à aménager trois nouvelles nefs en béton et de nouveaux accès, notamment pour les personnes à mobilité réduite. Pendant la durée des travaux, une structure métallique nommée Springtechture, réalisée par l’architecte Shuhei Endo, doit envelopper la péniche. C’est un gigantesque ruban métallique flottant, composé de trois séquences. La restauration est soutenue par la Drac, la Fondation Le Corbusier, la mairie de Paris et celle du 13e. Un appel à projets a été lancé par Ports de Paris désireux d’animer cette partie des berges.
Au moment de l’acquisition un état des lieux a été dressé par Michel Cantal-Dupart, président de l’association Louise-Catherine : examen de la coque pour sauvegarder la barge et identification des éléments d’origine (2 châssis, l’escalier principal, les soupentes, les placards, les poteaux).
La péniche doit devenir non seulement un lieu d’accueil, de rencontres et d’exposition sur l’architecture et sur Le Corbusier mais doit aussi rappeler son histoire.

Cinq patrimoines doivent être mis en valeur :

  • La barge en béton. Elle doit rendre visible la structure du bâtiment et permettre une lecture de l’histoire technique des bateaux en béton, une réflexion sur la rencontre entre construction navale et béton armé.
  • Le nom « Louise-Catherine ». C’est un hommage aux grandes figures des bienfaitrices, de l’Armée du Salut.
  • L’œuvre de Le Corbusier. Il s’agit de remettre en valeur l’aménagement de 1929 en rétablissant la lumière grâce à la restauration des châssis et guillotines, en retrouvant les couleurs d’origine et la perspective des 3 nefs (par enlèvement des ajouts), en restaurant l’inscription Louise-Catherine, le mât, les escaliers et soupentes, les casiers et placards, en réinstallant les cloisons, en terminant le jardin-suspendu jamais achevé.
  • La solidarité 1929-1994. L’histoire des 65 ans d’accueil des « sans-adresse, sans-repos, sans-taudis » doit faire l’objet d’une exposition d’archives de l’Armée du Salut (journaux, photos, films…).
  • Le patrimoine du futur « créer dans le créé » 2013-2023-3033. La Louise-Catherine synthétise les vingt premières années de travail de Le Corbusier selon M. Cantal-Dupart. C’est un point d’appui pour la réflexion, l’étude.

Ce « bateau-savoir » témoignera donc de l’histoire du lieu, sera un lieu d’exposition, de rencontres, d’information, d’éducation. Des partenariats doivent être établis avec des écoles et des universités : chantiers-écoles, formation qualifiante sur « la promotion du fleuve »… Ce sera un lieu culturel consacré à l’architecture fluviale : photos, vidéos, installations, et interventions d’artistes, inventions scénographiques.


Bibliographie

  1. L’asile flottant de l’Armée du Salut 1929-1930. Gilles Ragot, Mathilde Dion, Le Corbusier en France, Le Moniteur, 1997, p. 44.
  2. La Louise-Catherine : la péniche Le Corbusier. Décembre 2008, 20 pages.
  3. Aurélie Jacques, La péniche secrète de Le Corbusier. Inouï. C’est en réalisant cette œuvre que l’architecte a mis au point nombre de ses théories. Le Point, 18 octobre 2012.
  4. « Louise-Catherine » et Le Corbusier sont dans une péniche, Le Monde, 11 avril 2013.
  5. Olivier Flandin, La péniche en béton de Le Corbusier devient un centre sur l’architecture. Le Monde, 23 mai 2013.
  6. La péniche en béton de Le Corbusier transformée en centre d’architecture sur le quai d’Austerlitz. 28 mai 2013.
  7. Christophe Riedel, Péniche Le Corbusier restaurée : automne 2015. Parallèles potentiels, 20 octobre 2014.
  8. Édito, vidéo photos « 1919-1920 », « aujourd’hui », « demain » sur le site de Louise-Catherine SAS.
  9. Michel Cantal-Dupart, Avec Le Corbusier. L’aventure du « Louise-Catherine ». CNRS éditions, 2015.

Jean Walter et les Z : deux livres d’aventures à découvrir

Jean-Pierre Clerc, Jean Walter & Zellidja, ou le devenir-homme, éd. Kéraban, 2010, et Z, dix mille voyages initiatiques, éditions Barakah, 2011.

Zellidjalogo

L’auteur, habitant du 13e, ancien Zellidja et ancien journaliste du Monde, commence par nous conter la vie de Jean Walter. On connaît en tant qu’architecte le parcours de celui qui a débuté avec les maisons jardins, comme celles de la pittoresque « Petite Alsace » nichée dans la pente de la rue Daviel. Il s’est aussi illustré dans l’architecture hospitalière qu’il a contribué à renouveler. Son nom, associé à celui de Paul Guillaume, évoque par ailleurs la belle collection de tableaux impressionnistes rassemblés au musée de l’Orangerie. On sait moins que, jeune homme aventureux, il a sillonné à bicyclette les routes d’Europe ; convaincu du rôle pédagogique d’expéditions, menées dans la prime jeunesse avec un objectif de découverte qui va bien au-delà d’un simple voyage touristique, il a voulu en faire bénéficier des jeunes de 16 à 20 ans, en leur accordant une bourse, volontairement modeste. Il fallait partir seul, se débrouiller et, au retour, rendre un compte-rendu écrit. Les boursiers apprenaient à écouter, à voir, à être responsables et à prendre confiance en eux.

Jean Walter a pu financer ces bourses, grâce aux gains considérables réalisés dans l’exploitation d’une mine de plomb située au Maroc au lieu-dit Zellidja. C’est donc ce nom qui a été donné à la Fondation qu’il a créée en 1951. C’est ce même nom qu’a pris l’association constituée par des anciens « Z » pour se retrouver, s’entraider et faire connaître le dispositif aux générations postérieures. Grâce à leur conviction et à la satisfaction d’avoir pu vivre une telle expérience, Zellidja a pu survivre, malgré de nombreuses péripéties et, après 1968, une interruption de quelques années.

Au 60 de la rue Regnault, dans le 13e, est installée l’association Zellidja : vous pouvez vous y procurer ces deux livres qui relatent la genèse et l’évolution de la Fondation et de l’association Zellidja. Le dispositif d’origine s’est adapté en cours de route : le terrain d’aventure, d’abord métropolitain, s’est rapidement élargi au vaste monde ; les rapports de voyage font désormais appel aux multimédias ; le recrutement s’est démocratisé ; et, surtout, les jeunes filles y ont été « admises » et sont devenues largement majoritaires.

Ces livres nous font découvrir la richesse des expériences privilégiées dont ont bénéficié plus de 10 000 boursiers, et montre leur esprit de solidarité, l‘esprit « Z ».

www.zellidja.com

Communiqué de presse du conseil d’administration de l’association gestionnaire de la dalle des Olympiades, ASL Olympiades, Paris XIIIᵉ

Petite ville de 10 000 habitants et de 3000 logements, équitablement répartis entre le parc privé et le parc social, la dalle des Olympiades est une copropriété privée, contrairement aux dalles publiques du Front de Seine et de La Défense. Espace, privé en droit, elle n’en est pas moins un espace public de fait, comme l’illustre l’intense animation qui y règne. Et plus encore, depuis l’ouverture de la Web School Factory, accueillant sur la dalle 2500 étudiants formés au numérique, à quelques encablures de l’incubateur de start-up de Xavier Niel et du quartier Paris Rive gauche. La présence d’équipements publics, de supermarchés et de restaurants, de même que la vitalité du commerce asiatique, participent à la fréquentation intense de la dalle, qui a d’ailleurs le statut de « voie privée ouverte à la circulation publique ».

Les membres du conseil d’administration de l’ASL Olympiades, association gestionnaire du site, plaident en faveur d’une vision de l’avenir du quartier, partagée avec la Ville. C’est le sens du message qu’ils ont dernièrement adressé à la Maire de Paris, à son adjoint à l’urbanisme, au maire d’arrondissement et à tous les élus du XIIIe. Lors du conseil d’arrondissement du 15 Juin, les élus du XIIIe ont repris à leur compte l’une des propositions formulées, à savoir la réalisation d’un audit financier, visant à évaluer le montant des dépenses occasionnées par l’ouverture au public de la dalle. Le vœu d’engager cet audit a été voté à l’unanimité, majorité et opposition confondues. Au-delà de ce soutien décisif et du consensus politique, le danger d’un vœu pieux ne saurait cependant être écarté, la mairie centrale étant, seule, décisionnaire. Reste donc à transformer l’essai lors du conseil de Paris des 29 et 30 Juin, où doit être voté le montant de la subvention allouée pour 2015. La réalisation de cet audit confié à un tiers s’impose, puisque l’ASL Olympiades conteste l’estimation des dépenses publiques de fonctionnement faite par les services de la Ville et l’occultation des dépenses d’investissement. A défaut de se voir étroitement associée à la conduite de l’audit et au choix de l’expert désigné, gage d’indépendance, elle pourrait se trouver contrainte de mener une contre-expertise sous la pression des habitants. Qu’ils soient propriétaires ou locataires du parc privé et du parc de logement social, tous paient en effet deux fois l’impôt, en s’acquittant d’une part, des charges d’entretien de la dalle et d’autre part, des taxes et impôts locaux.

Pour que « la municipalisation de fait », promue par le maire du XIIIe, devienne une réalité, il faudrait que la Ville subventionne l’intégralité des dépenses occasionnées par l’ouverture au public de la dalle. Or la subvention allouée, d’un montant de 472 000 euros en 2014, n’en couvre que le tiers ! En 2007, elle a même été amputée de 220 000 euros, la Ville ne participant plus aux dépenses de sécurité du site en raison de la création d’un dispositif de « correspondants de nuits ». Est-il concevable que la puissance publique, en l’occurrence l’État secondé par la Ville, se défausse de ses prérogatives en matière de sécurité sur les habitants ? Confiée à une société privée, la surveillance du site absorbe à elle seule la quasi-totalité du montant de la subvention municipale ! Aux charges s’ajoute le coût des travaux de maintenance, liés au vieillissement de l’infrastructure de la dalle, après plus de quarante ans d’existence. Ainsi, la réfection des quatorze kilomètres de canalisation en sous-sol se voit elle aussi laissée à la charge des propriétaires de la dalle, malgré le caractère en grande partie public des travaux. La requalification de tout l’espace public de la dalle serait également à envisager, à l’instar des travaux d’envergure menés au Front de Seine. Seule la Ville de Paris, aux côtés de l’État et de la Région, peut porter pareille ambition urbaine. L’excellente desserte des Olympiades par les transports en commun, l’environnement très porteur du quartier et le potentiel constructif du site ne devraient-ils pas l’inciter à miser sur ce quartier d’avenir à l’échelle du Grand Paris ?

Qu’entend-on par Grand Paris ?

Carte du Grand Paris

L’idée d’un Grand Paris débordant des limites de la capitale a plusieurs fois été évoquée depuis le début du siècle dernier. La ville de Paris (2,24 millions d’habitants) ne couvre en effet que 100 km² alors que le territoire aggloméré (5,58 millions d’habitants) s’étend sur près de 1 600 km², soit une superficie comparable à celle de la ville de Londres (Greater London). L’idée progresse dès le début des années 2000, aussi bien du côté de la Ville de Paris que du côté de l’État, suite à l’« Appel pour le Grand Paris » lancé en mars 2005 par un groupe d’urbanistes, d’architectes et d’experts qui demandent la création d’un atelier de la métropole parisienne.

C’est ainsi que le 7 juillet 2006, 42 élus se rassemblent autour d’enjeux communs (les déplacements, le logement, le développement économique) dans le cadre de la Conférence métropolitaine, en réponse notamment à l’appel du Maire de Paris et du président de la Région, tandis qu’un an plus tard l’État propose des pistes de réflexion pour l’aménagement de la métropole parisienne.

Le discours-programme de Nicolas Sarkozy pour la Région d’Île-de-France (26 juin 2007)
Alors que le Schéma directeur de l’Île-de-France (SDRIF) est en cours de mise au point par la Région (sur la base d’une structuration de la zone dense par des rocades de transport en commun), le président de la République expose sa vision du développement de la métropole parisienne dans son discours d’inauguration du satellite nº 3 de l’aéroport Charles-de-Gaulle.

Il identifie quatre leviers de changement :

  • les infrastructures avec la construction de transports en commun circulaires,
  • l’urbanisme, avec le développement de l’habitat collectif en centre-ville et de l’habitat individuel en périphérie,
  • la recherche et l’enseignement supérieur, avec le renforcement de l’attractivité des campus universitaires,
  • l’organisation des pouvoirs, Paris étant la seule agglomération de France à ne pas avoir de communauté urbaine.

Nicolas Sarkozy propose une mobilisation des administrations concernées pour étudier ces questions et définir une stratégie, ainsi que le schéma directeur correspondant, à adopter fin 2008 au cours d’un Comité interministériel d’Aménagement du territoire dédiée à l’Île-de-France.

Le discours de Nicolas Sarkozy sur un projet de « Grand Paris » (17 septembre 2007)
Les propositions du président de la République se précisent quelques mois après dans son discours d’inauguration de la Cité de l’architecture. Il annonce son intention de lancer, par le biais de cabinets d’architectes français et internationaux, un diagnostic prospectif, urbanistique et paysager pour contribuer à la définition d’un nouveau projet d’aménagement global du « Grand Paris ». Dans la foulée (27 décembre 2007), le ministère de la Culture lance une consultation internationale en vue de sélectionner dix équipes pluridisciplinaires chargées de produire des idées d’aménagement de la métropole du 21e siècle.

La création d’un Secrétariat d’État au Développement de la Région Capitale (18 mars 2008)
Christian Blanc est nommé Secrétaire d’État en charge du développement de la Région Capitale, avec pour mission de définir une vision pour la Région Capitale à l’horizon 2030, avec de grandes opérations d’aménagement (Plateau de Saclay, Plaine de France) et les réseaux de transport nécessaires au bon fonctionnement régional. Le Secrétaire d’État participe également à la consultation internationale sur le Grand Paris, les dix équipes d’architectes-urbanistes sélectionnés devant « produire des scénarios de développement du territoire de la Région Capitale à partir d’un diagnostic global ».

De 2008 à 2009 : parallèlement aux réflexions du gouvernement, les collectivités locales de l’Île-de-France poursuivent leurs actions en matière d’aménagement.

Le lancement des assises de la Métropole (25 juin 2008)
Plus de 200 élus faisant partie de la Conférence métropolitaine, réunis à la Plaine-Saint-Denis, lancent les bases d’un « syndicat mixte » pour tenter de peser face au gouvernement dans les projets d’aménagement de la métropole parisienne. Les statuts de ce syndicat sont élaborés dès octobre 2008 et leur validation en avril 2009 se concrétise par la création du Syndicat Mixte Paris-Métropole le 10 juin 2009.

L’adoption du SDRIF par le Conseil régional d’Île-de-France (25 septembre 2008)
Le SDRIF adopté prévoit une structuration de l’agglomération dense par une ligne de métro circulaire reliant les lignes de métro prolongées en banlieue et les différentes lignes ferroviaires.
Le document présente trois tracés possibles, au sein d’un fuseau irriguant la Première Couronne, pour ce projet de métro dénommé Arc Express.

La mise au point d’Arc Express
Le Syndicat des transports d’Île-de-France (Stif) affine le projet Arc Express dont il précise les tracés, les coûts et le mode de fonctionnement. Pris en considération par le Conseil d’administration du Stif en juillet 2009, le projet fait l’objet d’une saisine de de la Commission nationale du débat public (CNDP) qui approuve en septembre 2009 l’organisation d’un débat public sur Arc Express.

Après l’inauguration de l’exposition « Le Grand Paris de l’agglomération parisienne » par Nicolas Sarkozy, l’appellation Grand Paris tend à se focaliser sur le projet de métro.

La présentation des résultats de la Consultations des architectes-urbanistes (mars 2009)
Les dix équipes d’architectes-urbanistes chargées de donner leur vision de la future agglomération parisienne présentent leurs projets lors d’un débat « Le Grand Paris – À la recherche de nouveaux équilibres »  organisé par la Cité de l’architecture et du patrimoine. Ils prônent la multiplication de métros aériens, de tramways, de bus rapides, mais leurs projets n’auront pas de suite et la vedette leur est volée un mois plus tard par l’annonce du projet de métro du Grand Paris.

Le discours de Nicolas Sarkozy lors de l’inauguration de l’exposition « Le Grand Paris de l’agglomération parisienne » consacrée aux travaux des architectes-urbanistes (avril 2009)
Dans son discours, le président de la République annonce la création du métro du Grand Paris conçu par Christian Blanc. Destiné à relier les pôles d’excellence situés tout autour de la capitale, le projet se compose d’une double boucle et du prolongement de la ligne 14 jusqu’aux deux aéroports internationaux, ce qui totalise une longueur de 130 km. Le financement du projet, d’un coût de 21 milliards d’euros, doit faire l’objet d’une recherche de nouvelles sources, dont la valorisation foncière. Cette recherche est confiée à Gilles Carrez, rapporteur général de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale, qui remet son rapport en septembre 2009. Ce dernier précise que les recettes liées à la valorisation foncière et immobilière ne doivent pas faire illusion et propose d’associer les Collectivités territoriales à la politique d’aménagement dans le cadre de contrats d’aménagement.

Le premier semestre 2010 voit la mise en place d’outils institutionnels pour la réalisation du Grand Paris, en particulier pour le projet de métro.

La création de l’Atelier international du Grand Paris (février 2010)
Un Atelier International du Grand Paris regroupant les dix équipes d’architectes-urbanistes est créé, afin de les rassurer en leur prouvant que le Grand Paris ne se limite pas à un projet de transport. Les architectes-urbanistes pourront travailler ensemble pour modeler le Grand Paris, le faire évoluer et l’enrichir.

La promulgation de la loi relative au Grand Paris (3 juin 2010)
La loi établit les fonctions du Grand Paris et précise les moyens prévus pour sa mise en place :

  • L’élaboration et les outils de mise en œuvre du réseau de transport public du Grand Paris, pour lequel l’organisation d’un débat public a été validée par la CNDP en avril 2010.
  • La création de la Société du Grand Paris, établissement public chargé de concevoir et d’élaborer le schéma d’ensemble et les projets d’infrastructures composant le métro du Grand Paris et d’en assurer la réalisation en tant que maitre d’ouvrage.
  • Le développement territorial et les projets d’aménagement, à partir de Contrats de développement territorial (CDT) pouvant être conclus entre le représentant de l’État dans la région et les communes et les établissements publics de coopération intercommunale ; la région et les départements territorialement concernés peuvent également, à leur demande, être signataires des contrats.
  • Les dispositions relatives à l’établissement public d’aménagement de Paris-Saclay.

Le projet de métro du Grand Paris est en concurrence avec le projet Arc Express, jusqu’à l’accord de janvier 2011 entre l’État et la Région Île-de-France.

Deux débats publics menés en parallèle (30 septembre 2010 – 31 janvier 2011)
En mai 2010, les députés et les sénateurs, répartis en commission paritaire, s’accordent sur le lancement de deux débats publics, un pour le métro du Grand Paris, l’autre pour Arc Express. Ces débats démarrent simultanément le 30 septembre 2010 pour une durée de quatre mois.

Signature du protocole d’accord État-Région sur le projet de métro Grand Paris Express (26 janvier 2011)
Quelques jours avant la clôture des deux débats publics, l’État et la Région se mettent d’accord sur la réalisation d’un projet de métro dénommé Grand Paris Express constitué :

  • du projet de métro du Grand Paris de l’État,
  • de deux arcs de métro, à la charge de la Région, irriguant respectivement la proche banlieue ouest (Hauts-de-Seine) et la proche banlieue est (Seine-Saint-Denis).

Dans cet accord, l’État apporte un certain nombre de garanties, notamment des garanties financières complémentaires pour le Plan de Mobilisation pour les transports de la Région.

Les principales composantes du Grand Paris se précisent au cours du premier semestre 2011.

Extension de l’Atelier International du Grand Paris (AIGP)
L’Atelier International du Grand Paris bénéficie des adhésions successives du Syndicat mixte Paris-Métropole (11 mars 2011), de la ville de Paris (29 mars 2011) et de la région Île-de-France (8 avril 2011), ce qui met les collectivités locales et l’État à parité dans la gouvernance de l’AIGP.

Présentation du schéma d’ensemble du métro Grand Paris Express (mai 2011)
La société du Grand Paris présente le projet de métro arrêté suite aux accords intervenus avec la Région. La ligne 14 ira bien jusqu’à l’aéroport d’Orly mais elle ne sera plus prolongée jusqu’à l’aéroport de Roissy comme prévu initialement ; son terminus nord sera Saint-Denis-Carrefour Pleyel, important nœud d’échanges avec la ligne La Défense-Roissy et les deux arcs proches rajoutés par la Région. Le projet de métro Grand Paris Express comptera 160 km, desservira 72 gares et coûtera 32,4 milliards d’euros (y compris le coût de lignes supplémentaires à la charge de la Région) ; la mise en service du projet s’effectuera par phases successives à partir de 2017 (jusqu’au-delà de 2025).

Lancement des Contrats de développement territorial (décret du 24 juin 2011)
Le décret précise le contenu des Contrats de développement territorial prévus dans la Loi relative au Grand Paris pour permettre au nouveau métro de produire pleinement ses effets sur le développement local. Ce sont des outils de planification et de programmation pour la mise en œuvre des objectifs du Grand Paris, notamment en matière d’urbanisme, de développement économique, de logement. Concentrés en zone dense, les CDT couvrent aussi quelques secteurs de la Grande couronne. Il s’agit d’engagements de principe sur un projet de territoire entre l’État, les communes et les intercommunalités, pour une durée fixée par les partenaires (à défaut quinze ans).

Peu de temps après son élection à la présidence de la République, François Hollande lance le projet de Métropole parisienne.

Le discours de François Hollande à l’Hôtel de ville de Paris (15 mai 2012)
Dans son discours, le président de la République s’engage à « créer les conditions nécessaires à l’émergence d’une métropole parisienne capable d’affronter, à l’échelle pertinente, tous les défis qui se présente à elle, en s’appuyant sur une structure qui existe et qui a fait ses preuves : Paris-Métropole. La nouvelle confédération métropolitaine disposera de pouvoirs réels, notamment en matière de logement, puisque c’est là l’enjeu le plus immédiat et le plus urgent pour les familles ».

Le discours du premier ministre à l’université de Marne-la-Vallée (6 mars 2013)
Jean-Marc Ayrault apporte un certain nombre de précisions concernant l’évolution du Grand Paris :

  • L’État et les collectivités locales, notamment la Région, se sont mis d’accord sur le financement d’un projet de transport régional à mettre en service progressivement jusqu’en 2030. Ce projet, du nom de Nouveau Grand Paris comprend le projet de métro Grand Paris Express et tous les autres projets de transports en commun régionaux faisant l’objet de Contrats de projets Etat-Région, dont des investissements lourds de modernisation des réseaux ferrés,
  • L’espace métropolitain doit se structurer de manière privilégiée autour de grandes intercommunalités qui conforteront la logique des Contrats de développement Territorial. La dynamique des territoires (périmètres géographiquement continus regroupant au moins 300 000 habitants) de l’île de France doit être soutenue par une nouvelle gouvernance et, sur la base de la nouvelle carte intercommunale, sera créé l’établissement public de la Métropole parisienne le 1er janvier 2016.

La loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (27 janvier 2014)
Le projet de loi vise en premier lieu à clarifier les responsabilités des collectivités territoriales et de l’État. En second lieu, il entend conforter les dynamiques urbaines en affirmant le rôle de trois métropoles (la Métropole de Paris, la Métropole de Lyon et la Métropole d’Aix-en-Provence). Le texte comprend également diverses mesures concernant ces métropoles et précise que leurs compétences porteront sur l’aménagement de l’espace métropolitain, la politique locale de l’habitat, le développement et l’aménagement économique, social et culturel, la protection et la mise en valeur de l’environnement, la politique du cadre de vie. Les dispositions spécifiques à l’île de France précisent que sera créé, le 1er janvier 2016, un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre à statut particulier dénommé la « Métropole du Grand Paris ».

Le décret relatif à la mission de préfiguration de la Métropole du Grand Paris (19 mai 2014)
Le décret précise les règles d’organisation et de fonctionnement de la mission de préfiguration chargée de préparer les conditions juridiques et budgétaires de la création, au 1er janvier 2016, de l’Établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre de la métropole du Grand Paris. Pour son fonctionnement, la mission s’appuie sur un Groupement d’intérêt public (GIP) constitué à part entière entre l’État et le Syndicat mixte Paris-Métropole. Le GIP est présidé alternativement par le préfet de la région île de France et par le président du Syndicat mixte Paris-Métropole, lesquels sont assistés d’un directeur qui assure la coordination et la direction de la mission. La mission comprend également deux conseils :

  • Un conseil d’élus qui oriente les travaux de préparation des rapports et émet un avis sur ces rapports (les maires et les présidents des EPCI de la première couronne, le maire de Paris, les maires des communes des autres départements en continuité de la Première couronne ou appartenant à un EPCI comprenant au moins une commune de la première couronne, les présidents des Conseils généraux, le président du Conseil régional, deux députés et deux sénateurs,
  • Un conseil de partenaires socio-économiques qui émet des avis et donne des orientations pour le diagnostic général.

Le Grand Paris se décline désormais en trois chantiers principaux : les transports, l’aménagement et la gouvernance.

Les transports
Le projet de transport du Nouveau Grand Paris concerne l’ensemble de la Région d’Île-de-France car il se compose :

  • Du projet de métro Grand Paris Express.
  • Des autres projets de transports en commun franciliens, y compris des projets de modernisation des réseaux ferrés et d’amélioration des services offerts.

L’aménagement
Les Contrats d’aménagement territorial passés entre les communes ou les intercommunalités et l’État encadrent le développement territorial du Grand Paris. Parmi les projets, l’État accorde une forte priorité à la construction de logements (nécessité de construire 70 000 logements par an dans la région) et au développement économique (le Grand Paris pourrait générer 800 000 emplois pérennes à l’horizon 2030) sur l’ensemble du territoire francilien.

Pour cela, l’État :

  • S’engage à travers le Plan de mobilisation pour l’aménagement et le logement à la relance de la construction et à la rénovation de l’habitat des Franciliens (soutien aux collectivités qui construisent, création d’une Opération d’intérêt national (OIN) multi-sites, transformation de l’Agence foncière et technique de la Région Île-de-France en Grand Paris Aménagement).
  • Prévoit de mieux utiliser les sept pôles de compétitivité existants, d’apporter son appui aux nombreux grands projets, publics ou privés, déjà engagés, de créer un système de gouvernance économique cohérent permettant le développement d’une marque « Grand Paris » facilement identifiable par les acteurs économiques.

La gouvernance
La Métropole du Grand Paris réunira les communes de la zone dense dès le premier janvier 2016. Cet Établissement public de coopération intercommunale ne doit pas créer d’échelon supplémentaire, ce qui impliquera la suppression des Conseils généraux dans la Métropole. Sur le reste du territoire francilien, une large concertation est engagée pour mettre en place une nouvelle organisation intercommunale avec des regroupements d’au moins 200 000 habitants.

Danièle Navarre

Carte des transport du Grand Paris

Un non évènement urbanistique

Le projet des tours Duo de Jean Nouvel pour le quartier Masséna-Bruneseau

Le projet de Jean Nouvel à Masséna-Bruneseau : les tours Duo

Des tours jumelles déhanchées, juchées sur un énorme socle de béton enterré sur neuf étages. Le tout fiché dans un invraisemblable nœud d’infrastructures aux portes de Paris, ça ressemble fort… à un non évènement urbanistique. Il fallait trouver preneur de ce site ingrat, en cherchant du côté de la logistique plutôt que du côté du tertiaire de prestige. Pourtant la Semapa a réussi son coup en vendant ce terrain enclavé à des promoteurs, y compris la Caisse des Dépôts du Québec, dont on se demande ce qu’elle vient faire là. Peu importe.

On comprend vite que l’utilité publique doit être recherchée dans la localisation de 6 000 emplois, qui partiront peut-être demain vers d’autres tours, ou dans la « nature » au gré des courants de nomadisme du tertiaire. L’hôtel ne désemplira pas et, pour le reste, la prise de risque financier est privée, ou considérée comme telle, donc il n’y a pas de quoi s’émouvoir.

Pour peu qu’on puisse en juger correctement sur maquette numérique, le niveau zéro du socle des tours ne produit aucun service public et une urbanité limitée à ces fameux espaces privés ouverts au public, pas toujours ouverts. Ce seront de toute façon des zones d’inconfort climatique comme il en existe toujours en pied de tour. À juste titre, les services de l’État déplorent l’absence d’étude aéraulique, mais à quoi bon étudier ce qu’on ne souhaite pas traiter ?

Un nœud d’interconnexion des transports publics justifie selon les promoteurs la concentration d’emplois sur ce site, déconnecté du tissu urbain environnant. On peut y croire mais il vaut mieux voir ça de près. Résumons : aux heures de pointe un tramway presque saturé, des lignes de métro éloignées, une ligne 10 prolongée peut-être en 2030, une ligne de bus T-zen aux capacités limitées. On sait aussi que les transports collectifs parisiens, ne peuvent déjà plus, malgré de constantes modernisations, absorber le trafic des heures de pointe. Et les tours Duo ne sont qu’un début.

L’étude d’impact est un modèle du genre, à la fois parce qu’elle est plutôt bien faite et parce qu’elle obéit à la loi du genre « pavé ». Même si le résumé, très dense, tente de synthétiser les informations pour le grand public, il faudra bien se décider un jour à formuler plus simplement les diagnostics écologiques. Et revenir aux maquettes physiques…

De très gros efforts sont faits pour construire plus écologique : labellisation HQE, recyclage partiel des eaux pluviales, énergies renouvelables, réglementation thermique 2012 (RT2012), verdissement de terrasses, il faut reconnaitre un effort qui va au-delà du green-washing habituel. Même si pour être juste, il faudrait intégrer l’énergie grise nécessaire à la construction de ces mégastructures acier/béton/verre et mettre au bilan global leur improbable durabilité¹.

Le volet paysage de cette étude n’est pas un cadeau… Le paysagiste s’en tire plutôt bien en proposant de multiples points de vue permettant de se faire une idée de l’impact des nouvelles venues sur le paysage urbain. Ce qui fonctionne plutôt bien à grande échelle, du point de vue de l’architecte et du promoteur qui recherchent une visibilité maximale.

Mais dans le contexte de la Zac et plus largement celui du 13e, cette brutale rupture d’échelle ne fait pas sens. Ces tours apporteront leur modernité dans un contexte urbain déjà très marqué par les constructions hautes, mais qu’apportera leur démesure ? La skyline du 13e, incluant la BnF, existe déjà. Elle marque le paysage parisien et les habitants se l’approprient comme patrimoine lié à l’histoire locale. À une échelle plus humaine ?

Ce projet se veut singulier, il est dans toutes ses composantes surdimensionné : un coup de gomme dans le programme et un trait de crayon plus ajusté feraient du bien à tout le monde. Y compris peut-être au promoteur.

Enfin, pour penser plus large, revenons à la fonction de signal que jouent les tours — on dit en langage savant les émergences — dans le paysage parisien et même francilien. Mais là le problème est : quel signal ?
Car si Paris s’entoure de tours, tantôt raides, tantôt déhanchées, tantôt triangulaires, quel message la capitale va-t-elle délivrer à la banlieue ? Cette banlieue qui sera demain l’extension naturelle du Grand Paris.

Au fait, qu’en pensent les Ivryens ?

Emmanuel Leguy


  1. 2014 a été l’année d’un évènement : la destruction à grands frais d’un IGH dans le secteur du Front de Seine.

Paris en route vers un budget participatif ?

La Ville de Paris a lancé en 2014 une première expérience de budget participatif sous la forme d’un vote proposé aux parisiens entre le 24 septembre et le 1er octobre 2014 sur 15 projets d’aménagement parisien allant de la mise en place sur les berges de la Seine de sept tipis indiens pour y fêter son anniversaire (400 000 euros) jusqu’à la végétalisation de 40 murs aveugles pour créer un micro climat qui offrirait un abri aux oiseaux et aux mammifères (2 millions d’euros) en passant par la mise en place de deux piscines éphémères de 25 mètres susceptibles d’être réinstallés d’un site à l’autre (8 millions d’euros). Ils ont été 40 000 (environ 3 % des parisiens en âge de se prononcer) à répondre et donc à opérer un classement entre les neufs projets choisis. Comment et quand celle-ci réalisera-t-elle ces projets votés ? Cela reste à préciser.

Cette expérience a utilisé un concept, le budget participatif, qui n’a rien à voir avec cette démarche dès lors que l’on sait que le véritable budget participatif tel qu’il a été conçu à la fin du siècle dernier par la ville de Porto Alegre implique une discussion préalable et une recherche de consensus entre élus et habitants sur la structure du budget lui-même dans ses recettes et ses dépenses, sur ses priorités et enfin sur les projets particuliers de l’année considérée. La proposition faite et le vote qui en est résulté sont donc très éloignés d’une réelle démarche de budget participatif.

La Ville de Paris en était consciente et a voulu utiliser ce terme dès sa première démarche, même si elle n’était pas bonne, pour pouvoir avancer les années suivantes vers un vrai budget participatif. C’est pourquoi en 2015, il sera proposé aux parisiens une démarche un peu plus avancée qui consistera, dans le cadre d’une Charte, à proposer à la Ville leurs projets tant au niveau de l’arrondissement si le maire est volontaire qu’à celui de la ville. Cette Charte, récemment adoptée à l’unanimité par le Conseil de Paris, précise le processus participatif, les modalités du vote, le calendrier ainsi que les conditions relatives à l’information des parisiens sur la mise en œuvre des projets qui auront été retenus.

C’est donc un progrès. Pour bien avancer dans ce nouveau cadre, il serait souhaitable que les parisiens puissent se retrouver au niveau de leur quartier pour échanger sur leurs idées afin de les mutualiser et de construire ensemble ceux qui leur paraîtront les plus intéressants ou utiles. Les conseils de quartier pourraient servir cet objectif.

Mais c’est aussi aux associations locales parisiennes à y contribuer.

Jacques Remond,
le 20 novembre 2014.

Ada 13 :
50 ans à penser treizième

Panneau d’exposition | Une histoire parisienne de la démocratie participative

À l’occasion de son 50e anniversaire, Ada 13 vous propose
L’EXPOSITION
Une histoire
PARISIENNE
de la démocratie participative


Du 20 au 30 octobre 2014 ■ Mairie du treizième ■ Galerie Athéna
Ouverture du lundi au vendredi de 9 heures à 17 heures et le jeudi jusqu’à 19 h 30


Au sommaire de la manifestation

Ada 13 : de 1964 à 2014…
Début des années 1960 : la fondation

Ada 13 et le treizième : 50 ans d’histoire partagée

Histoire populaire du treizième
Terre d’accueil et porte d’entrée de la capitale

Les grandes opérations d’urbanisme depuis 50 ans

Opération Italie XIII
L’apprentissage de l’urbanisme concerté

1960-1970 : la défense du cadre de vie
Contre la rénovation bulldozer

De la tutelle de l’État à une mairie responsable
Ada 13 mobilise la population pour réformer le statut de Paris

Ada 13 et la démocratie participative

Enrichir le débat public

Les transports : un engagement permanent
aux côtés des usagers de la rue et des transports publics

Intrinsèque beauté des tours
« Les Parisiens veulent tout à la fois… Galaxie le leur offre. »

Un arrondissement marqué par la verticalité

La renaissance de la Bièvre à Paris
Évocation historique ou projet environnemental ?

Des projets en débat…
La Métropole du Grand Paris va rebattre les cartes

Relais Accueil : accueillir les jeunes travailleurs
Une aventure poursuivie depuis 50 ans


Événement organisé en partenariat avec
Icade - Mairie de Paris - Mairie du treizième - Ogic - RIVP - Semapa
et l’aimable soutien de Denis Baupin, député de Paris, et de Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’État.


La Métropole du Grand Paris va rebattre les cartes

Panneau d’exposition | Des projets en débat… La Métropole du Grand Paris va rebattre les cartes

La loi du 27 janvier 2014 de modernisation de l’action territoriale crée la Métropole du Grand Paris.
Le territoire concerné regroupe, pour l’essentiel, les trois départements de la petite couronne et des communes limitrophes appartenant aux structu­res intercommunales existantes.
Le tout sera géré par un nouvel Établissement public, Paris Métropole, qui aura toutes les compétences en matière de développement et d’aménagement. En 2016, demain.

Devenir des Grands-Parisiens sans être les grands perdants… Les enjeux sont de penser un nouveau développement à l’échelle européenne en y associant la société civile. Une mission de préfiguration est chargée de mettre en place d’ici 2016 la future Métropole avec pour feuille de route :

“l’amélioration du cadre de vie des habitants, la réduction des inégalités entre les territoires et le développement d’un modèle urbain, social et économique durable…”

Quel est l’intérêt des Parisiens dans ce deal, comment seront-ils représentés ? Ne risquent-ils pas d’être des perdants dans les nouveaux équilibres entre Paris et la banlieue ?
Ada 13 veut être présente dans ce grand débat qui concernera tous les habi­tants du treizième dans leur vie quotidienne : emploi, logement, transports, environnement, fiscalité…


Un maillon fort : « le grand huit »

On aura tourné autour du problème pendant quarante ans, mais l’Île-de-France se dote enfin du grand réseau de transports collectifs pour irriguer la banlieue autour de Paris. Ce sera le Grand Paris Express, dont les premiers coups de pioche ont été donnés.
À l’horizon 2027, la ligne 14 sera prolongée jusqu’à Orly et croisera la branche sud (ligne 15) qui passera à trois kilomètres de la porte d’Italie.


Le panneau d’exposition Des projets en débat… La Métropole du Grand Paris va rebattre les cartes est disponible au téléchargement au format PDF.


Au sommaire de l’exposition “Une histoire parisienne de la démocratie participative…


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La renaissance de la Bièvre à Paris

Panneau d’exposition | La renaissance de la Bièvre à Paris. Évocation historique ou projet environnemental ?

Évocation historique ou projet environnemental ?

Pour certains, la renaissance de la Bièvre serait une reconquête de notre histoire, de l’arrivée des Gobelins à l’histoire ouvrière des mégissiers et des teinturiers. Pour d’autres, elle serait avant tout un apport de la nature dans la ville pour l’amélioration de la qualité de la vie, même avec des biefs artificiels, l’eau étant toujours un facteur d’agrément.

La grande concertation de 2002 : le rêve devient projet

En octobre 2002, une consultation publique rencontre un grand succès auprès des habitants des 5e et 13e arrondissements. Le projet prévoit un tracé symbolique en zone urbanisée et la résurgence de la rivière en trois points au niveau d’origine : le parc Kellermann, le square René-Le Gall et l’annexe du Muséum national d’histoire naturelle. Ailleurs, l’eau serait acheminée par des conduites intégrées aux collecteurs existants, puis rejetée dans la Seine.
Condition formelle : l’eau doit être assainie et maîtrisée dans ses flux avant d’entrer dans la capitale. C’est justement l’un des buts de l’action efficace menée en amont par les 33 associations localisées sur tout le cours de la Bièvre et fédérées à l’initiative de Marc Ambroise-Rendu au sein de l’Union renaissance de la Bièvre à laquelle Ada 13 participe.
Elle est présidée aujourd’hui par Alain Cadiou.

2003 : la réalité est moins séduisante

Dès 2003, il apparaît que les travaux menés en amont pour séparer les eaux usées des eaux de la rivière ne permettront pas, avant plusieurs années, l’arrivée d’une eau de qualité suffisante. Finalement, le coût du projet global paraît excessif, mais beaucoup pensent qu’il a été surévalué.
Seul est donc engagé en 2004 le parcours symbolique, conçu comme une première étape qui, selon le conseil de Paris du 11 juillet 2005, « ne devra pas être contradictoire avec la résurgence de la Bièvre sur plusieurs sites ».

Aujourd’hui des plaques signalétiques et les fontaines « Salamandres de la Bièvre » de Véronique Vaster composent ce parcours symbolique. Quand sera-t-il complété par quelques concrétisations de la rivière ?
Elle réapparaîtra bientôt à Gentilly, pour être dirigée ensuite au sud du 13e arrondissement mais, hélas, « cachée » dans un déversoir souterrain, avant d’être évacuée dans la Seine. Quand la Ville de Paris prendra-t-elle le relais des communes de l’amont où la Bièvre a été redécouverte en plusieurs endroits, à la satisfaction des riverains et des promeneurs ?


Le conseil de quartier Croulebarbe qui a activement participé aux débats, a aussi proposé une solution intermédiaire visant à recréer dès maintenant le bief du square René-Le Gall avec de l’eau de la ville, une reconstitution qui offrirait en même temps aux habitants l’agrément d’un plan d’eau comme il en existe dans tous les grands espaces verts. Cette proposition, dont le coût serait pourtant modéré, n’a pas été retenue par la Mairie de Paris.


Les débats du conseil de Paris traduisent un large consensus des élus, toutes tendances politiques réunies :

… pour les habitants, remettre au jour ce qui peut l’être… pour mieux vivre le présent serait un beau projet.
Conseil du 26/6/2000, Jean-Marie Le-Guen et Serge Blisko (Parti Socialiste)

… des actions réalisées dans d’autres villes de France et du monde démontrent que ce rêve peut devenir réalité… C’est un beau projet.
Conseil des 8 et 9/7/2002, Jérôme Coumet (Parti Socialiste)

… il faut se féliciter du lancement de ce projet qui présente un réel intérêt pour notre ville.
Conseil des 8 et 9/7/2002, Karen Taïeb (Mouvement des citoyens)

… ce très beau projet.
Conseil des 8 et 9/7/2002, Anne Le Srat (Les Verts)

… nous pensons que la Bièvre à un rôle à jouer aujourd’hui.
Conseil des 8 et 9/7/2002, Myriam Constantin (Parti Socialiste)

… la Bièvre c’était le passé, elle devient aujourd’hui l’avenir de Paris.
Conseil du 9/12/2002, J. Coumet

La Bièvre est plus qu’un souvenir, c’est une grande idée… cela en vaut la peine et le coût… le volontarisme est parfois nécessaire.
Conseil du 15/12/2003, J. Coumet

Nous y sommes tellement favorables, à cette renaissance de la Bièvre.
Conseil du 15/12/2003, Véronique Dubarry (Les Verts)

… le groupe UMP soutient ce projet d’émergence de la Bièvre. C’est une initiative particulièrement intéressante.
Conseil du 11/7/2005, Patrick Trémège (Union pour un Mouvement Populaire)

Les habitants qui se sont exprimés lors de la concertation sont eux aussi favorables en majorité au projet. Les réserves portent le plus souvent sur le Muséum ou sur des problèmes techniques qui peuvent être réglés.


Le panneau d’exposition La renaissance de la Bièvre à Paris. Évocation historique ou projet environnemental ? est disponible au téléchargement au format PDF.


Au sommaire de l’exposition “Une histoire parisienne de la démocratie participative…


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Un arrondissement marqué par la verticalité

Panneau d’exposition | Un arrondissement marqué par la verticalité

Le treizième est l’arrondissement parisien qui a le plus grand nombre d’immeubles de grande hauteur (IGH).

Les années 1960 voient le début des constructions en hauteur dans le 13e, en rupture avec les règles antérieures, mais on ne s’aventure pas au-delà d’une vingtaine d’étages et de 70 mètres de haut. La tour Albert, premier « gratte-ciel » parisien date de 1961. Elle a été suivie par la tour Blanqui-­Corvisart (1962) et par la tour Plein-Ciel (1969). Quelques tours et barres apparaissent sur les îlots des Deux-Moulins et des Alpes.

Pendant la période 1970-1976, 41 permis sont accordés pour des IGH qui culmineront à 34 étages et à plus de cent mètres de haut (Super-Italie, 113 m).
Sur le terrain de l’ancienne raffinerie de sucre Louis Say, sont réalisés une tour isolée (le Nouveau Monde) et le groupe de trois tours aux noms égyptiens (Chéops, Chéphren, Mykérinos).

Sur le périmètre Italie

  • Quelques tours isolées sont construites :
    Le Périscope (Maurice Novarina, 1969) et la tour de l’université Paris-1 (Michel Andrault et Pierre Parat, 1973) ; en 1975, les tours Super-Italie (Maurice Novarina), Chambord (Daniel Mikol) et Antoine-et-Cléopâtre (Michel Holley) sont les témoins rescapés d’opérations inachevées.
  • Les autres tours sont regroupées en bouquets :
    Les Olympiades, sur une dalle à l’emplacement de la gare des Gobelins (6 tours de copropriété, 2 tours ILN, 3 barres HLM), l’ensemble Masséna, sur les terrains de l’ancienne usine Panhard-et-Levassor (13 tours, 3 barres), le complexe Galaxie, place d’Italie (4 tours et 1 barre).

Après le coup d’arrêt donné aux constructions en hauteur par le président Valéry Giscard d’Estaing en 1974, 28 tours auront été réalisées sur les 55 prévues pour l’opération Italie. L’opposition personnelle de Giscard aux tours a compté mais plus encore les effets de la crise (renchérissement du foncier et de l’énergie, incertitude économique).

De 1974 à nos jours, les hauteurs restent plafonnées à 37 m. Seule exception, les quatre tours de la BnF sont construites en 1995 dans le secteur Paris-Rive gauche. La Ville, plus récemment, a décidé de construire de nouvelles tours en périphérie grâce à un assouplissement des règles de hauteur du PLU (maximum de 50 m pour les habitations et de 180 m pour les bureaux). Les tours Duo de Jean Nouvel dans le quartier Masséna-Bruneseau sont destinées à héberger des bureaux, alors que les tours des années 1970 étaient destinées au logement.


Les tours ont fait débat pour Ada 13 dès le départ  :

les avis pour et contre se sont confrontés, notamment lors du débat mené en présence de Christian de Portzamparc en juin 2004
(ABC 13, nº 106, septembre 2004, p .9-10.).
Ce type d’habitat a dans un premier temps séduit par l’offre de logements à prix modéré et par son image de modernité. Ceux qui s’y sont installés (10 % de la population du 13e) manifestent en général une opinion plus favorable que ceux qui les regardent d’en bas. Les tours ont souvent été présentées comme un moyen de gagner de la place au sol et comme un signe fort dans le paysage de Paris.
Les critiques portent sur la banalité architecturale de la plupart des tours, sur leur aspect inhumain (les « cages à poules »), sur la coupure entre l’habitant et son quartier, sur la saturation des réseaux de transport, sur l’insécurité supposée (peur des incendies), sur le coût de construction et d’entretien des IGH. L’enjeu écologique semble aujourd’hui dépassé pour les nouvelles tours, grâce aux performances techniques annoncées, mais il faut beaucoup d’énergie pour les bâtir.
Pour Ada 13, le problème de la hauteur s’apprécie au cas par cas. À Masséna-Brunesau, elle avait proposé un contre-projet valorisant le potentiel du site (possibilité de développement de transport mul­timodal et d’activités de production). Confrontée à la décision de la Ville de reconstruire des tours, elle recommande la vigilance :

  • Les tours doivent être bien insérées dans le contexte urbain et ouvertes sur le quartier ;
  • Elles doivent comporter, en pied d’immeuble, des équipements, des services, des commerces de proximité (entre les étages – 3 et + 1) ;
  • La desserte par les transports collectifs doit être satisfaisante.

Pour Ada 13, la question principale est :
faut-il encore densifier Paris intra-muros ?
Le débat reste ouvert !


Le panneau d’exposition Un arrondissement marqué par la verticalité est disponible au téléchargement au format PDF.


Au sommaire de l’exposition “Une histoire parisienne de la démocratie participative…


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Intrinsèque beauté des tours

Panneau d’exposition | Intrinsèque beauté des tours (texte de Jacques Goulet)


« Les Parisiens veulent tout à la fois…
Galaxie le leur offre.¹ »

Mes parents n’aimaient pas l’immeuble que j’habite maintenant ni ses trois jumeaux, en cours d’achèvement. Les regardant de loin, en 1976, ils ont déclaré que c’étaient de « véritables cages à lapins » : pas de toiture digne de ce nom, un nombre d’étages impressionnant, des alvéoles toutes identiques dans des parallélépipèdes dénués de charme ! L’idée que personne ne puisse repérer de loin la fenêtre de sa chambre les horrifiait.
Quand j’ai emménagé tour Rubis, près de la place d’Italie, au-dessus de Galaxie — on appelait ainsi le centre commercial devenu Italie 2 et l’îlot d’habitations qui le surplombe —, les réactions de ceux à qui j’annonçais que j’allais habiter un trentième étage m’ont étonné, c’était tout juste si on ne compatissait pas. Depuis la fin des années quatre-vingt, les tours n’ont pas gagné les faveurs des Parisiens, je crois qu’elles ne les ont jamais eues. Dans de récentes enquêtes d’opinion, seule une minorité se dit favorable à de nouvelles tours, même si les avantages que cet habitat présente pour la collectivité sont mieux perçus qu’à l’époque. Les jeunes sont les moins réticents, et ce sont les habitants des tours qui ont la meilleure opinion de cette architecture.
Qu’on ait osé donner des noms de pierres semi-précieuses à quatre tours de la place d’Italie (Béryl, Jade, Onyx et Rubis) et à une barre (Agate) m’a toujours amusé. J’habite depuis 1989 une tour conçue par des architectes dont j’ai peiné à trouver les noms. Lus sur un plan puis découverts dans un livre, ces noms ne disent plus rien à personne : Pierre Havard a été l’architecte de conception, et Jacques Guillet, l’architecte consultant.
Une voisine qui fut parmi les premiers occupants de Rubis m’a confié des documents de l’époque où elle acheta son trois-pièces au 31e étage. Autant les plans de chaque appartement, qui avaient une valeur contractuelle, sont précis, autant la préfiguration d’ensemble que l’on destinait aux bureaux de vente paraît trompeuse. Même les couleurs sont fausses, le macadam de l’avenue d’Italie est bleu, les proportions ne sont pas respectées. Ainsi, on voit six files de voitures dans chaque sens, alors qu’il n’y eut jamais que cinq voies en tout et que l’avenue, bien reconfigurée à la fin du siècle dernier, est à deux fois deux voies. Derrière Rubis, on perçoit l’ébauche de la tour de bureaux qui, longtemps programmée, souvent remaniée, ne fut jamais édifiée.
L’illustrateur se projetait dans un futur esquissé par les politiques : au début des années soixante-dix, on avait décidé de faire de l’avenue d’Italie une pénétrante en lui donnant, à l’égal des Champs-Élysées, une largeur de 70 mètres, au lieu de 40 mètres. On envisageait donc de détruire des immeubles en bon état, comme la poste centrale, mais on ne l’annonçait pas. Au Conseil de Paris, Claude Bourdet, élu PSU du XIIIe, attaquait cette politi­que, il redoutait le bruit et la pollution pour les riverains. Et Janine Alexandre-Debray dénonçait des projets « criminels ». En fait, les autorités de l’État s’apprêtaient à faire vivre une fraction de la population parisienne en bordure d’une autoroute, là comme le long de la « radiale Vercingétorix ».

[…]

  1. Cette phrase est illustrée par une projection de ce que serait le début de l’avenue d’Italie une fois l’opération Galaxie menée à son terme, telle qu’elle était envisagée au moment où l’on vendait les appartements en cours de construction, sur la jaquette du dossier de chaque projet de vente. Le document daterait de 1972.

L’article « Intrinsèque beauté des tours » a été publié en février 2009 dans la Revue des Deux Mondes. Il est disponible dans son intégralité sur le site web de la revue.


Le panneau d’exposition Intrinsèque beauté des tours est disponible au téléchargement au format PDF.


Photographies : Pierre et Alain Cimaz – Coll. Jacques Goulet – Fonds Ada 13


Au sommaire de l’exposition “Une histoire parisienne de la démocratie participative…


Les informations et visuels présents dans cette page peuvent faire l’objet de restrictions de reproduction ou de diffusion en dehors du cadre strict de leur publication sur le blog d’Ada 13. Pour plus d’information, nous vous remercions de prendre contact avec le webmestre par courrier électronique.

Les transports :
Ada 13 sur toute la ligne

Panneau d’exposition | Les transports : un engagement permanent aux côtés des usagers de la rue et des transports publics

Ada 13 sur toute la ligne !

Dès la naissance d’Ada 13 en 1964, à une époque où la notion de « progrès dans les transports » est synonyme du « tout-automobile », l’association défend des modes de transports doux ainsi que l’accessibilité de la ville à tous ses usagers. Positions à contre-courant et combats d’avant-garde, l’asso­ciation use de tous les moyens à sa disposition pour faire entendre son point de vue et faire bouger les opinions : enquêtes, souvent avec les moyens du bord, manifestations publiques, lettres aux candidats, etc.
Ces idées ont fait depuis leur chemin, et les notions d’écomobilité ou de mobilité durable ont trouvé leur place pour un développement urbain « soutenable ».
Ada 13 s’est toujours montrée attentive à ce que tous les quartiers de l’arrondissement soient bien desservis par les transports en commun, même les plus excentrés. Elle s’est également préoccupée des conséquences des grandes opérations d’aménagement. Celles-ci s’accompagnent d’une arrivée massive de populations nouvelles (habitants et actifs).
Cet enjeu, déjà vif au moment des rénovations, est encore d’actualité pour la ZAC Paris-Rive gauche.


Inventaire non exhaustif des prises de position et des actions d’Ada 13

Une force de proposition sur les projets de planification des déplacements
De juin à novembre 1976 : la Commission transports Ada 13 s’autosaisit de toutes les questions relatives aux déplacements et affirme la priorité des transports publics.
Juin 1980 : les états généraux de la circulation.
Ada 13 prend une part active aux commissions : déplacements des personnes à mobilité réduite ; piétons et circulation ; vélos et circulation.
De septembre 2005 à mars 2007 : le Plan de déplacement de Paris (PDP)
À nouveau, Ada 13 privilégie la réflexion collective et témoigne de son souci de se placer au niveau de l’usager.
Elle organise en janvier 2007 un forum structuré autour de trois ateliers : piétons et cyclistes ; déplacements automobiles et deux-roues ; transports en commun.
Les propositions abordent les questions de l’aménagement des in­frastructures, des équipements, de l’accessibilité, des dessertes, de la tarification, etc., selon une vision multimodale des déplacements.

Les infrastructures récemment modernisées, réalisées ou en projet

infrastructures récemment modernisées, réalisées ou en projet

Des actions en faveur du piéton et du cycliste
Mars 1984 : Rallye pédestre.
Juillet 1989 : L’opération « Rue libre ».
Septembre 1996 : Le Guide du promeneur.
De 2003 à nos jour : Les balades urbaines.

Études, enquêtes et publications
Février 1977  : Ada 13 réalise une enquête, Les transports en commun et l’aménagement de l’espace public dans le treizième, à l’intention du directeur général de la RATP et de la direction circulation et transports de la préfecture de Paris.
2002 et 2003 : l’association publie trois brochures en forme de propositions, Reverdir les quartiers du treizième. Les Berges de la Seine. Le tramway arrive sur les Maréchaux.

Et la Petite Ceinture ?
Laissée à l’abandon depuis 1993 par Réseau ferré de France, son propriétaire, elle est l’objet de toutes les attentions, mais les visions divergent quant à son devenir, tout particulièrement dans le 13e. Trame verte pour la Ville de Paris, remise en service voyageurs pour l’Association de sauvegarde (ASPCRF), possible raccordement à un hypothétique tramfret : les idées se bousculent, l’attente s’éternise.


Le panneau d’exposition Les transports : un engagement permanent aux côtés des usagers de la rue et des transports publics est disponible au téléchargement au format PDF.


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Enrichir le débat public

Panneau d’exposition | Enrichir le débat public

L’accès généralisé et permanent à l’information est une « vertu » récente de notre société. Dans les années 60, elle est difficile d’accès, principa­le­ment diffusée par la presse écrite et la rumeur publique. Les décisions municipales restent confidentielles et les données statistiques, publiées avec retard, sont peu accessibles.
Dès sa naissance, portée par la conviction de ses fondateurs, Ada 13 comprend que pour mener un dialogue constructif avec les élus et l’administration, les habitants doivent être formés et informés.

Association loi de 1901, Ada 13 est agréée comme organisme d’éducation populaire en 1967, puis d’éducation permanente et de défense du cadre de vie, et en 1978, comme association de protection de la nature, de l’environnement et du cadre de vie.

La formation des adhérents
Se former et s’informer  Informer et débattre

Dès l’opération Italie, une session de formation est organisée avec l’Association pour la démocratie d’éducation locale et sociale (Adels). Elle porte sur la connaissance des processus complexes d’aménagement et sur le rôle des institutions.
Par la suite, des sessions de formation, des conférences, des réunions et des débats concerneront le Schéma directeur de Paris, le Plan local d’urbanisme (PLU), le statut de Paris, l’aménagement de Paris-Rive gauche, les transports et l’usage de la rue, etc.

L’information et la formation des habitants
Découvrir et comprendre  Éduquer

Ada 13 a participé avec d’autres associations locales à la création de l’université de quartier qui, de 1979 à 1991, a proposé une formation individuelle dont les programmes étaient variés : connaissance de la ville, droit et vie quotidienne, santé, droit des salariés, informatique, anglais pratique, économie et vie politique, orientation scolaire et choix professionnel, histoire du treizième, etc.
À partir des années 1970, l’association incite les habitants de l’arrondissement à recourir à la formation professionnelle qui peut faciliter l’insertion des jeunes et la reconversion nécessitée par la désindustrialisation et les mutations du marché de l’emploi.

Les débats publics en perspective
Invitation à nous rejoindre  Participer

  • Réflexion sur les outils de démocratie locale, le budget participatif.
  • Analyse de la cohérence de l’aménagement de Paris-Rive gauche.
  • Révision du Plan local d’urbanisme, aménagement de la place d’Italie, réhabilitation du secteur Paul-Bourget : un écoquartier ?
  • Prolongement de la ligne 14.
  • Paris Métropole : projets et incidences.

Découvrir des quartiers ou des secteurs du 13e arrondissement

Une manière conviviale et ludique de se former sur le terrain, en faisant connaître le 13e, son territoire, son histoire, ses habitants et en apprenant à le regarder :

  • Rallyes verts, pédestres et cyclistes.
  • Promenades d’histoire et d’architecture (BnF, tour Albert, mobilier urbain d’Hector Guimard…).
  • Visites du patrimoine (Sudac, fondations philanthropiques, passerelle Simone-de-Beauvoir…).
  • Montages audiovisuels.
  • Reportages et concours photographiques.

L’information au service de la formation

Que vous préfériez le papier imprimé ou les supports numériques, Ada 13 propose de nombreux moyens de vous tenir informé du passé, du présent et de l’avenir de l’arrondissement.

Par ses publications :

  • des brochures faisant un état des lieux de la situation et des transformations de l’arrondissement (1970, 1978, 1993) ou traitant de thématiques (architecture, urbanisme…).
  • des éditions périodiques
    . un Bulletin de 1965 à 1978,
    . une revue ABC 13 de 1978 à 2008,
    La Lettre d’Ada 13 à partir de 2008.
    Les permis de construire et de démolir sont joints à ces publications depuis 1972.
  • une plateforme Internet : un site Web, un blog, une page Facebook, un compte Twitter, des archives numérisées.

Par sa documentation : archives, publications, photothèque.


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Ada 13 et la démocratie participative

Panneau d’exposition | Ada 13 et la démocratie participative

Concertation, du latin certare : combattre.
La concertation ne recherche pas le consensus. Elle privilégie le dialogue et la controverse en amont des décisions pour mieux répondre aux attentes des usagers.

De la concertation permanente pour Paris-Rive gauche…

  • 1991 : recours contentieux intenté par l’association Tam-Tam contre le Plan d’aménagement de Paris-Rive gauche (PRG), 200 hectares le long de la Seine.
  • Automne 1996 : deuxième enquête publique sur le Plan d’aménagement de zone (PAZ) Seine-Rive gauche. Les associations attirent l’attention de la commis­sion d’enquête sur les conditions de consultation de la population.
  • Avril 1997 : mise en place de la concertation permanente de PRG avec des acteurs associatifs qui s’engagent dans la durée auprès des partenaires en charge de l’opération, avec des outils permettant un travail de qualité (voir ci-dessous).
  • Des avancées à la demande des associations : espaces partagés sur les quais de la Seine ; moins de bureaux, plus de logements, des îlots plus ouverts ; maintien et reconversion des bâtiments industriels : les Grands Moulins de Paris, la Sudac, la halle Freyssinet, les Frigos ; révision des plans de circulation…

▶ Les souhaits d’Ada 13 pour la concertation Paris-Rive gauche

  • Une meilleure articulation avec l’information et la consultation des habitants du 13e arrondissement.
  • Plus d’associations impliquées dans la concertation.

… aux conseils de quartier

  • Les conseils de quartier sont obligatoires dans toutes les communes de plus de 80 000 habitants depuis la loi du 27 février 2002.
  • Les conseils de quartier doivent être représentatifs de la diversité de la population, de ses courants de pensée, de ses préoccupations.
  • Les associations peuvent aider à l’émergence de propositions construites en concertation dans les commissions des conseils de quartier. Pour cela, elles doivent dépasser leur rôle traditionnel d’intermédiaire entre leurs adhérents et les décideurs.

▶ Les souhaits d’Ada 13 pour des conseils de quartier plus efficaces

  • Demander aux conseils de quartier leur avis sur :
    – tous les dossiers soumis au vote des conseillers d’arrondissement sur les points concernant le quartier,
    – les orientations budgétaires de l’arrondissement et de la ville.
  • Demander aux conseils de quartier des dossiers argumentés plutôt que des vœux adoptés à l’unanimité.

La concertation ZAC Paris-Rive gauche

Les acteurs

  • La maîtrise d’ouvrage : la mairie de Paris, la Semapa et la mairie d’arrondissement.
  • Les grands partenaires institutionnels : la SNCF, le Port autonome de Paris, l’APHP, la BnF et l’université Paris-7.
  • Les associations : Ada 13 et Tam-Tam (jusqu’en 2013), la Plateforme, des associations d’habitants, de défense du patrimoine, de l’environnement, de promotion des transports en commun, etc.
  • Trois conseils de quartier (CQ) : Austerlitz-Salpêtrière, Bibliothèque – Jeanne-d’Arc, Patay-Masséna.
  • Un garant qui veille à la forme et au fonctionnement de la concertation, et des personnalités qualifiées qui apportent des contributions sur le fond.

Les instances

  • Des réunions plénières.
  • Des groupes de travail géographiques ou thématiques.
  • Un bureau de la concertation qui fixe le calendrier des groupes de travail et les ordres du jour.

Les outils

  • Un local et un chargé de mission, salarié de la Semapa.
  • Participation aux jurys de concours d’architecture et de marchés d’études de définition.
  • Un budget permettant de commander des études alternatives.

Les huit conseils de quartier dans le 13e
(brochure de la mairie, 2002)

  • Le conseil de quartier est ouvert à toute personne dont la présence dans le quartier est régulière. Les jeunes et les résidents étrangers peuvent y participer.
  • Le conseil de quartier vote des vœux, prend des initiatives sur tous les aspects de la vie du quartier. Des propositions collectives y sont élaborées.
  • Le conseil de quartier émet un avis sur les dossiers, en particulier sur ceux qui sont soumis au vote du conseil d’arrondissement et qui intéressent la vie du quartier.
  • Le bureau d’animation fixe l’ordre du jour du conseil de quartier et l’anime.
  • Les habitants qui le souhaitent peuvent participer au sein d’une commission à l’élaboration des orientations budgétaires de l’arrondissement et de la ville.

Le panneau d’exposition Ada 13 et la démocratie participative est disponible au téléchargement au format PDF.


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De la tutelle de l’État à une mairie responsable

Panneau d’exposition | De la tutelle de l’État à une mairie responsable. Ada 13 mobilise la population pour réformer le statut de Paris

Avant la loi de 1975 et les municipales de 1977
Un conseil de Paris élu par les Parisiens, mais une mairie sous tutelle de l’État :

  • Le préfet nomme les maires d’arrondissement.
  • Les mairies d’arrondissement ne sont que des services administratifs (état civil, aide sociale, caisse des écoles).

▶ Ada 13 pointe l’absence d’interlocuteurs locaux pour les habitants. Elle invite les habitants du 13e à réagir (1968-1970). En liaison avec la Plateforme des associations, elle fait des propositions concrètes pour une réforme du statut de Paris (octobre 1970).
Elle communique auprès des médias et interpelle les candidats aux législatives et aux présidentielles pour :

  • Donner à Paris un statut démocratique.
  • Répartir les compétences entre l’échelon parisien et l’échelon local.
  • Faire place aux associations d’habitants.
  • Donner des moyens financiers et matériels au niveau local.

La loi du 31 décembre 1975
Un maire élu au niveau de Paris et des commissions d’arrondissement composées pour 1/3 de conseillers élus dans l’arrondissement, pour 1/3 de personnes nommées par le maire et pour 1/3 de représentants des forces vives de l’arrondissement.
Ces commissions donnent leur avis sur les projets qui leur sont soumis et assistent le maire de Paris pour l’animation de la vie locale et l’administration de l’arrondissement.

▶ Ada 13 informe les habitants sur le nouveau statut de Paris (1976), propose des modalités de fonction­nement pour la commission d’arrondissement du 13e (1977), y participe, constate ses insuffisances (1982), et propose de réformer le statut de Paris (décentralisation de compétences et des moyens correspondants aux arrondissements).

La loi du 31 décembre 1982
Des mairies d’arrondissement avec un conseil et un maire d’arrondissement. Elles décident des équipements sociaux et sportifs et les gèrent. Elles donnent leur avis sur tout ce qui concerne l’arrondissement et qui est décidé par la mairie de Paris.
La loi met en place des Comités d’initiative et de consultation d’arrondissement (CICA), composés de représentants d’associations locales. Ceux-ci peuvent interpeller directement le conseil d’arrondissement et faire des propositions dans leur domaine d’activité.

▶ Ada 13 mobilise les associations locales pour interve­nir de manière coordonnée lors des conseils d’arrondis­sement ouverts au CICA (1983) et demande à la mairie des moyens en salles et en personnel pour préparer les réunions.

Quelques avancées de la part de la mairie améliorent le fonctionnement du CICA, mais les réunions sont trop longues et les ordres du jour trop généraux pour déboucher sur des décisions.
Les associations se désengagent progressivement.


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